Entretien avec J. Guénot en 1960
Louis Ferdinand Céline (© L'Herne)
Céline -- Le... Le... Je vois le journal, un journal que je lis... (...) Eh bien, c'est un long prêchi-prêcha de bout en bout, n'est-ce pas... (...) Ce qu'il faut faire, ne pas faire, penser, ne pas penser... (...) Et je vous prie, dans la mesure où... Et cependant que... Et puis je vous prie, il y a ceci que... Il ne doit pas être pensé... (...) Enfin, vraiment, on est emmerdant, mais à en crever, n'est-ce pas... Quand vous avez lu ça, vous en tirez un agacement énorme, vous êtes irrité, vous le boufferiez, ce journal, tellement il est assommant de pédantisme...
Jean Guénot -- Mais c'est le classicisme français, ça !
Céline -- Ah ! oui, n'est-ce pas... On sait la vérité, alors... On la connaît... On y met de temps en temps une fantaisie... Ah ! une brève fantaisie de très bon ton, et puis on y ajoute une petite trouvaille... Où l'avez-vous trouvée, cette trouvaille ? Ah ! qu'elle est mignonne ! que c'est fin!... C'est étonnant... Ah ! quelle fine trouvaille!...
Cahier de l'Herne Céline, L'Herne, 1972