La mer gelée

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Bleu-rêve grisâtre

Martin von Klitzing, traduction : Marina Barré et Anne Stoll
 


Etudiants en philosophie

Là où naguère, du fond de l'âme noble,
un jet d'étincelles faisait jaillir des idées,
le réconfort des instructeurs silencieux pressent quelque chose,
étranger à quiconque, qui bientôt le fâche

« Cherchant le lointain, à l'instinct,
réduire la variété des tintements,
du zèle rien que des gazouillis,
et pas l'ombre d'une solution, nulle part. »

Audacieux et doux pourtant,
dansant d'un pas joyeux, ils s'en vont,
l'enveloppe presque duveteuse,
et désemparés parce que sans mot.

***
C'est toujours de soi dont il s'agit, comme le passé qui se console ou se noie dans la pitié.
De blancs destriers ont rampé jusqu'aux yeux des hommes.
Ils veulent voir et prier et font confiance en cela à leur impuissance.
Enfin mon vieux, vis simplement, avant de penser, vis dans la nuit, l'euphorie des rêves, vis, vole, écoute les tambours et déchire-les.
Ignore la souffrance et ignore la beauté pour réaliser l'entente lasse avec les fruits faits de tes mains.
Chante une mélodie,
oublie comment voler.
Et à la fin un néant qui nage.

***
Trop de vapeurs
piquaient le néant
des drapeaux flottants qu'on replie.

La nuit semble terrible
à une étoile qui trébuche,
quand son appel refuse
de se laisser saisir.
Bleu-rêve grisâtre
rien ne devine la lune
là où le berceau est trop loin.

Potsdam, 2001
Poèmes de Martin von Klitzing: hase zerschmettert fuchs. Verlag Wiecker Bote, ISBN 3-935458-01-0






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